La Chasse aux Sorcières

novembre 14th, 2007

Ce titre comme un prétexte ludique afin de réfléchir sur nos modes de fonctionnement et de croyance dans le cadre de la médecine. En aucun cas il ne prétend plaindre les homéopathes ni les victimiser.

La chasse aux sorcières s’est répandue en Europe surtout à partir du XIIème siècle jusqu’en 1782. Elle correspond à une période de misère majeure: famine, guerres, épidémies. Ultérieurement, durant la Renaissance, elle représente davantage un combat contre l’obscurantisme, pour une rationalisation des mentalités.

Cette forme d’hystérie collective s’apparente à un sacrifice de bouc émissaire. Tous les maux de la société ne proviennent que d’une seule personne ou d’un petit groupe réduit, toujours sur la marge. Le but avoué ou non est la « purification » collective.

C’est avec un sourire en coin que je me permets de faire le rapprochement avec la médecine classique. Elle est décrite de manière très moderne par Hahnemann, que je cite ici :

54 Organon : « La méthode allopathique qui essaya tant de moyens variés pour lutter contre les maladies, mais toujours improprement et malencontreusement… »

(eh oui, Hahnemann ne mâchait pas ses mots, et attendez la suite, vous serez surpris…)

« …est celle qui, de mémoire d’homme, a régné sous des formes très diverses appelées systèmes. Chacun de ses systèmes, se succédant d’une époque à l’autre tout en étant fort différent, s’honorait cependant du titre de médecine rationnelle. … »

( donc, voyez-vous, de ce côté, les choses n’ont pas trop changé… ;) le système actuel est celui de l’evidence based medecine -EBM- ou médecine basée sur les preuves, et il reste bien sûr rationnel puisqu’il s’appuie sur des calculs de probabilité et de statistiques, à l’instar de la science économique…)

J’élague ici les critiques subtiles mais ironiques de Hahnemann, qui témoignent comme toujours d’une grande connaissance de l’âme humaine et de ses travers…

« D’après ces constatations il indiquait quelle matière peccante il fallait enlever au malade et par quel moyen il convenait de le faire pour l’en guérir »

Et voici la petite phrase qui m’intéressait : matière peccante. L’étymologie en est intéressante, puisque peccante signifie pécheresse. La matière pécheresse, cette impureté qu’il nous faut chasser !

Le plus « amusant » est que notre société athée ou presque, ou en tous cas les milieux scientistes sont les premiers à avoir cette conception de la maladie, sans même réaliser qu’il s’agit d’un système de pensée, d’une croyance. Elle perdure. Aujourd’hui, le bouc émissaire, c’est le microbe (pauvre microbe !) qu’il faut éliminer, ainsi que ce bourgeonnement, cette éruption, cette infection, l’aseptiser, traquer toutes les cellules cancéreuses qui se cachent. A un niveau un peu plus élevé, ce sera le tabac, le sucre… Je ne critique même pas la médecine ici, ni ses résultats. Je souris devant son incapacité à prendre conscience de ses motivations profondes. Certes les étiologies participent aux maladies. Hahnemann sera un des premiers à suspecter l’action des « animalcules » dans une maladie, mais la notion de terrain lui semblait encore plus fondamentale. (Notez-bien que la notion de terrain en homéopathie va au-delà de la génétique simple)

Pauvres sorcières de l’époque, qui étaient torturées, exécutées, pour asseoir la suprématie d’une hiérarchie et d’un système politique…

Ne peut-on dire aujourd’hui que ce système de chasse au microbe assoit le pouvoir de la médecine classique par la peur ?

Je poursuis l’aphorisme 54 de l’Organon qui est décidément riche de sens :

«… tout cela d’après de vaines présomptions et d’arbitraires hypothèses, sans écouter partialement l’expérience ni interroger la nature.

On faisait passer les maladies pour des états se reproduisant toujours d’une manière à peu près identique. »

Je vous rassure, même si Hahnemann écrit au passé, cette petite phrase est toujours valable de nos jours ! Et même si la classification est de plus en plus fine…Vive les échantillons randomisés de patients ! A ce propos, voici ce qu’il advient même aux médecins allopathes lorsqu’ils ne respectent pas cette loi de « l’uniformité »… Jean-Jacques LOTTIN écrit :

… le docteur Nicole DELÉPINE, oncopédiatre et bête noire depuis vingt ans de ses confrères de Villejuif qui lui reprochent de refuser de faire, des enfants qui lui sont confiés, des « groupes homogènes de malades » à qui on applique (bible EBM) des protocoles standardisés, randomisés en double aveugle, et multicentriques, avec placebo, excluant toute possibilité de consentement éclairé, car la cancérologie est en France la première discipline qui s’y est totalement enchaînée, même si ça bouge depuis.

Au contraire, N. Delépine considère que chaque enfant est une situation clinique et revendique l’application de traitements personnalisés. Injures, articles diffamatoires, refus de publier ses articles, procès qu’elle a gagnés, pressions pour fermer son service, extrême violence traduisent le désarroi des orthodoxes, pour qui le protocole EBM est un puissant anxiolytique, mais aussi la «garantie» que ces maudits assureurs continueront à couvrir leurs risques professionnels…

Madame DELÉPINE avec le soutien d’associations, et grâce à des guérisons avérées plus nombreuses qu’avec les protocoles magiques, a fini par gagner une certaine tranquillité professionnelle en quittant en 1998 l’hôpital Robert-Debré pour l’unité plus accueillante, portant haut le beau nom d’Avicenne, à Bobigny. [www.serpsy.org/humeurs/lottin_07.html]

Mais revenons plutôt à Hahnemann :

« C’est pourquoi la plupart de ces systèmes étiquetaient les tableaux morbides qu’ils avaient imaginés et chacun les clarifiait à son idée.

On attribuait aux remèdes, selon des hypothèses gratuites (les nombreuses pharmacologies en font foi) une action qui devait faire disparaître ces états anormaux -c’est-à-dire les guérir. »

Le grand mérite de notre Maître ici, est d’attirer notre attention sur le fait que l’être humain est beaucoup plus friand de « systèmes » séduisants qui, à partir de théories, nous évitent la réflexion. Pensez-y: n’est-il pas plus facile de se rattacher à un système de pensée, en ne voyant plus ce qui nous gêne, ce qui ne correspond pas, plutôt que de penser par nous-mêmes en se remettant toujours en question à partir de l’expérience brute ?

Hahnemann nous livre une méthode en l’Organon, mais nullement un protocole. Et cette méthode n’est en aucun cas un livre de prières comme certaines mauvaises langues pourraient le suggérer. Un médecin homéopathe ne sait jamais où une prescription va le mener. C’est une aventure différente à chaque fois, excitante, mais aussi extrêmement difficile voire inquiétante.

Ainsi un médecin homéopathe ne va pas partir à la chasse aux sorcières comme un allopathe. Il va essayer de soigner le corps tout entier, pour qu’il se purifie de lui-même, sans sacrifice trop coûteux.

Je vous laisse le soin de réfléchir sur la manière dont vous-même critiquez l’homéopathie ou l’allopathie… chasse aux sorcières ou croyance que tous les êtres humains peuvent(ou non !) évoluer ?

Si ce petit texte vous a plu, rendez-vous la prochaine fois sur la suite de l’allopathie vue par Hahnemann… j’avoue que plus je le connais, plus je l’aime… malgré son caractère de cochon !!!

La santé !

septembre 11th, 2007

Pour ouvrir ce blog, commençons par un concept essentiel pour tous: la santé.

Vous connaissez tous (ou presque) la définition de l’OMS. Je cite:”La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. ”

On est bien avancé avec ça…

N’avez-vous jamais entendu quelqu’un de votre entourage s’exclamer: “Lui, atteint du cancer? Mais il n’était jamais malade!” Dans le même temps, des mères inquiètes confient à leur médecin: “j’espère que mon enfant sera plutôt en bonne santé comme moi, je n’attrape jamais rien! Par contre, son père est toujours malade: angine, rhume, il attrape tout!”

Un peu contradictoire, non?

Un article récent m’avait chiffonnée quelque peu: les enfants se rendant chez le pédiatre sont, paraît-il, d’après une super étude, beaucoup moins malades que ceux consultant les médecins généralistes. L’explication fournie détaillait le fait que les pédiatres se concentraient davantage sur la prévention (les enfants étaient mieux vaccinés) et donnaient moins d’antibiotiques. Or l’immensité des enfants qui consultent ont la gastro, des otites, des rhino-pharyngites, ce qui n’a pas grand chose à voir avec les vaccins. Quant aux antibiotiques, ils n’expliquent pas tout. Quel est ce mystère??? Pourquoi sont-ils moins malades?

Tout s’est éclairé le jour où des Homéopathes (en l’occurrence George Vithoulkas) m’ont expliqué la conception de la santé établie par des observations des leurs depuis 200 ans. Eurêka!

Je vous la livre, assez simplifiée (les vrais Homéopathes voudront bien me pardonner…)

Dans l’état de santé idéal, appelons le N°1, on ne tombe pas ou peu malade. Lorsqu’on attrape quelque chose, il peut s’agir d’un virus, une petite grippe, et on réagit par une forte fièvre. Etre capable de monter sa température est un signe de bonne santé de l’organisme. A ce niveau, les placebos sont très efficaces, car l’organisme très réactif. Bien sûr, en s’approchant de l’état de santé N°2, on va être de plus en plus souvent malade.

Dans l’état de santé N°2, l’organisme est un peu dégradé. On a moins la capacité de faire de la fièvre. Si on attrape une maladie infectieuse, celle-ci est beaucoup plus grave. Les placebos sont moins actifs. L’homéopathie marche bien à ce niveau. On peut débuter une maladie chronique, et notamment les allergies cutanées.

Dans l’état de santé N°3, on n’attrape que rarement une maladie infectieuse. On est plutôt au stade de maladie chronique. Allergies, Rhumatismes, Dépression, maladies endocriniennes (tout ce qui touche le systeme hormonal), etc.. font partie du quotidien de la personne. Peuvent y entrer certains cancers. L’homéopathie marche toujours, à condition de trouver LE remède approprié, ou la succession correcte de remèdes adéquats. Le tableau clinique du médicament est beaucoup plus délicat à déterminer, donc les échecs de l’homéopathie plus fréquents.

L’état de santé N°4 recouvre les maladies gravissimes, comme beaucoup de cancers, des maladies neurologiques, de multiples problèmes graves coexistants. A ce niveau, il est quasiment impossible de trouver un remède homéo, car beaucoup de signes qui étaient très caractéristiques de la personne (sortir les pieds du lit, préférer le chocolat…) disparaissent.

Armé de ces notions, l’Homéopathe est plus à même de situer un malade dans un niveau de santé, et de mesurer ainsi son évolution. Il préferera évidemment que son patient remonte plutôt en direction de l’état 1 que 4. L’autre petit point de repère: le malade est en voie de guérison si ses troubles évoluent de l’intérieur vers l’extérieur, donc d’un état anxieux ou dépressif à un eczéma par exemple, et de haut en bas (les douleurs de cervicales laissent la place à des douleurs lombaires, etc).

C’est bien gentil, me diriez-vous, mais très théorique! J’y arrive.

Vous pouvez réinterpéter et comprendre les expressions que l’on entend tous les jours. Non, entre 2 et 6 ans les enfants ne font pas leur immunité, mais ils atteignent un niveau plus chronique où ils attraperont moins de virus. Que pensez-vous désormais des gens qui ne font jamais de fièvre ou rhume avant un cancer?

Je n’aborderais certainement pas le sujet hautement polémique des enfants si bien vaccinés par les pédiatres qu’ils n’en tombent jamais malades!!!

Je ne parlerais pas non plus de la qualité de la médecine française, si efficace qu’une (bonne?) partie de la population est sous antidépresseur ou anxiolytique!

Les esprits chagrins me répondront: “alors vous les homéopathes (hi hi) êtes comme le Dr Knock -La santé est un état précaire qui ne présage rien de bon-”, bon, ce n’est pas très constructif, alors je m’en fiche.

A vous d’observer et de vous forger votre propre opinion désormais.

Mais laissez-moi conclure en réponse à la définition de l’OMS par le premier paragraphe de l’Organon, ouvrage fondateur de l’Homéopathie et écrit par Hahnemann:

“La plus haute et même l’unique vocation du médecin est de rétablir la santé des personnes malades, c’est ce qu’on appelle guérir.”